Hit parade des questions posées

1/ Quels sont les intérêts pour un agriculteur de composter ?

2/ Quels types de mélanges sont faits par les agriculteurs ?

En général, ce sont des mélanges avec 2/3 du volume en déchets verts, 1/3 en effluents d’élevage ; ils réalisent en moyenne 3 à 4 retournements pendant une période de 6 mois minimum.
Certains réalisent leur compost sans apport de fumier.

3/ Pourquoi les agriculteurs bio se sont-ils retirés après 3 ans ?

Deux agriculteurs bio se sont en effet retirés. Effectuant de la vente directe et constatant que certains éléments traces dépassaient parfois les normes de leur cahier des charges, ils n'ont pas voulu prendre de risque avec leurs clients. Il s'agit plus d'un principe de précaution car la norme NFU 44-051 est toujours respectée et la norme Agrobio est respectée à 80%. Depuis 2000, le Lycée Nature de La Roche-sur-Yon en conversion bio est une des exploitations qui composte du déchet vert.

4/ Le déchet vert est-il un déchet sain pour une utilisation agricole ?

Le compost est un apport de bon carbone, qui se dégrade lentement, moins vite que la paille. En mélange avec du fumier riche en azote, on obtient un composte équilibré.
Le déchet vert est un produit sain à condition que l'usager prenne soin d'en retirer les corps étrangers (ex: plastique). La montée en température lors du compostage garantit l'obtention d'un produit sans risque sanitaire.

5/ Le procédé Valdépy est-il protégé ?

NON. Nous ne souhaitons pas tirer de royalties de ce mode de recyclage des déchets verts ; nous souhaitons que d'autres collectivités et d'autres agriculteurs mettent en place des actions similaires

6/ Avez-vous fait des essais de compostage avec la FFOM (Fraction fermentescible des ordures ménagères) ?

La CUMA "Défis" s'est lancée dans ce type de mélange, à titre expérimental, en 2002 avec le Syndicat Mixte départemental de traitement des déchets devenu TRIVALIS. Le compost obtenu est de bonne qualité.

7/ Ne faut-il pas encourager le compostage individuel à domicile ?

Oui bien sûr, une distribution de composteurs individuels a été réalisée en milieu d'année 2000 dans des secteurs limités pour test. Des expériences de compostage de quartier ont été faites en 2002 avec succès.

8/ Quelle part représente les déchets verts dans l'ensemble des déchets que collecte le Pays Yonnais ?

Les déchets verts représentent 35% du volume des apports en déchetterie, qui eux-mêmes représentent près de 20 000 tonnes. Le Pays Yonnais a également en charge 29 000 tonnes d'ordures ménagères dont 6 000 tonnes sont recyclées. La collectivité consacre près de 5 M€/an à la gestion des déchets.
Les apports des professionnels des jardins et espaces verts sont admis sur la plate-forme à raison de 45 F/m3.

9/ Comment la CUMA a-t-elle résolu le problème juridique du travail avec une collectivité locale ?

La volonté de maîtriser la qualité du broyage a dès le départ imposé un broyage par la CUMA : un contrat a donc été signé entre la CUMA et le Pays Yonnais.
Puis devant l'accroissement des quantités, il est devenu nécessaire de se mettre en conformité avec les régies des marchés publics. La Communauté de Communes du Pays Yonnais a passé un avenant à son marché de gestion des déchetteries pour rémunérer cette nouvelle prestation avec la CUMA et le gestionnaire Onyx -Grandjouan. En 2003, création de la S.A.R.L. "Valdélis" par les CUMA "lnnovation" et "Défis 85"

10/ Êtes-vous compétitif ?

La collecte d'une tonne de déchet vert en déchetterie valorisée par Valdépy coûte 27 €/t au Pays Yonnais. Une mise en décharge coûterait 56 €/t, taxe générale sur les activités polluantes incluse. Une collecte type Ordure ménagère (OM), reviendrait à 70 €/t.

11/ L'expérience Valdépy est-elle transposable, notamment sur des territoires moins urbains ?

Avec des solutions mécaniques appropriées en broyeur et le recours à une CUMA de compostage, le procédé Valdépy est tout à fait transposable dans tous les territoires où les agriculteurs sont disposés à recevoir des déchets verts.

12/ Y a-t-il nécessité de couvrir les andains pendant la phase de compostage ?

Il n'y a pas d'obligation réglementaire. Néanmoins, à partir de 2002, des suivis de tas bâchés et non bâchés sont effectués.

13/ Quelle est la réglementation des sites de compostage ?

La plate-forme de broyage de Sainte-Anne vu sa dimension, relève du régime des installations classées soumise à déclaration (elle ne sert qu'au transit et au broyage). Le compostage réalisé au champ relève également du régime des installations classées (volume traité inférieur à 10 t/jour). Si risque d'écoulement de jus et/ou incorporation de liquides, la récupération des jus est obligatoire.